Le taïwanais TSMC pourrait renforcer sa présence à Crolles

Publié le par CFTC stmicroelectronics

Le fabricant taïwanais de semi-conducteurs TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Corp.) pourrait s'impliquer plus fortement dans les travaux de recherche développement (R & D) menés dans le cadre de l'"Alliance-Crolles 2", le partenariat engagé, depuis 2003 à Crolles (Isère), par le groupe franco-italien STMicroelectronics avec le néerlandais NXP (ex-Philips) et l'américain Freescale.

Cette idée est avancée par certains acteurs de l'"Alliance", une coopération qui porte sur les techniques de fabrication les plus avancées des "puces" électroniques et dans laquelle TSMC dispose déjà du statut d'"associé".

L'industriel taïwanais contribue financièrement au programme - mais pas au même niveau que les trois autres fabricants. Ses techniciens sont présents sur le site afin d'assurer le transfert de certains des procédés qui y sont développés vers les lignes de fabrication à Taïwan.

Le fabricant asiatique, dont une partie du capital est contrôlée par Philips, est en effet un "fondeur" : il ne développe pas ses propres puces mais il fabrique uniquement des composants pour le compte de tiers - ce qu'il fait pour NXP et STMicroelectronics.

Cette hypothèse d'une montée en puissance de TSMC survient au moment où la poursuite de l'"Alliance-Crolles 2" est en question.

Le rachat de NXP et de Freescale par des fonds d'investissement a engendré des interrogations sur la volonté des deux firmes de poursuivre à l'identique leurs efforts de R & D. La direction de NXP a indiqué n'exclure aucune hypothèse pour Crolles 2.

Si l'un des acteurs de l'"Alliance" veut cesser la collaboration - l'actuel programme s'achève fin 2007 - il doit le signifier avant fin 2006.

La direction de STMicroelectronics a récemment assuré disposer "de solutions de remplacement viables et prêtes" si NXP ou Freescale devaient se désengager (Le Monde du 1er novembre).

UNE NÉCESSITÉ

Dans une industrie des semi-conducteurs où les coûts de développement des technologies de fabrication vont croissants, la coopération reste plus que jamais une nécessité.

"Il faut coopérer au niveau intra-européen, mais aussi au-delà des frontières européennes", relevait ainsi Alain Dutheil, directeur général de STMicroelectronics, le 29 Novembre à Monaco, lors de la réunion annuelle du programme européen de R & D, Medea +.

"Je ne crois pas que (TSMC) ait vocation à développer des technologies dont nous avons besoin", déclare toutefois un porte-parole de STMicroelectronics.

Lundi 4 décembre, lors d'une réunion du comité de groupe européen à Milan, la direction de l'industriel franco-italien a reconnu que l'implication plus forte de TSMC à Crolles 2 "serait une possibilité", rapporte un syndicaliste français.

Mais elle a aussi indiqué, selon ce dernier, que ce n'est pas ce type d'allié qu'elle cherche a priori et que "cela changerait la nature de l'Alliance".

Le profil de TSMC, et surtout la perspective de voir des technologies développées à Crolles partir en production en Asie, suscite localement quelques réticences. Notamment au niveau des collectivités qui ont appuyé financièrement le site. "Une hypothèse taïwanaise serait irrecevable", déclare François Brottes, député (PS) et maire de Crolles.

Journal Le Monde.

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Publié dans Articles de presse

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