STMicroelectronics va sous-traiter une part plus importante de sa production en Asie

Publié le par CFTC

Le fabricant franco-italien de semi-conducteurs STMicroelectronics (STM) s'apprête à "passer dans un modèle où les investissements seront moins lourds". Ces coupes à venir dans les dépenses reflètent le prochain remodelage du périmètre d'activité, avec la "déconsolidation" annoncée de l'activité mémoires. Mais elles traduisent aussi une volonté d'augmenter le volume de production sous-traité à des "fondeurs", ces entreprises basées à Taïwan ou en Chine, dont la spécialité est de fabriquer des "puces" électroniques pour des tiers.

Cette année, STM réduira ses investissements à 1,6 milliard de dollars (1,3 milliard d'euros) - soit 16 % des ventes -, au lieu de 1,8 milliard de dollars initialement prévu. "Ils seront ramenés de 16 % des ventes à 12 % dans les trimestres qui viennent, d'ici à 2008", déclare Alain Dutheil, le directeur général.

Si l'industriel (8,88 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2005), qui occupe désormais le quatrième rang mondial, justifie cette décision par une moindre croissance du marché des semi-conducteurs - "cette année, on sera à 6 %- 7 % et non 10 % comme on le pensait il y a quelques mois", avance M. Dutheil -, ces coupes dans les investissements vont aussi et surtout refléter "un appel plus grand à la sous-traitance". M. Dutheil évoque un passage de "10 % de la production, en volume, actuellement sous-traitée, à 14 %-15 % en 2007".

PAS DE RÉDUCTION DU NOMBRE D'USINES

Cette externalisation portera sur des technologies "avancées". C'est-à-dire la production sur des tranches de silicium de 300 mm de diamètre de "puces" dont les motifs élémentaires mesurent 90 nanomètres et moins d'épaisseur.

"Nous le ferons pour des composants standards, pas pour ceux sur lesquels nous nous différencions en développant des solutions propriétaires (pour les télécommunications, l'automobile...). C'est à ces derniers que nous limiterons nos investissements", précise M. Dutheil.

Ce mouvement pourrait "séduire" les investisseurs qui, selon Jérôme Ramel, analyste chez Ixis Securities, boudent les fabricants de semi-conducteurs "intégrés", c'est-à-dire qui maîtrisent à la fois la recherche et développement, la conception des composants et la quasi- totalité de leur fabrication. 72,4 % du capital de STM est en Bourse.

"Les grands acteurs intégrés qui délivrent les marges les plus fortes sont ceux qui sous-traitent le plus", note M. Ramel, citant les américains Freescale ou Texas Instruments. Le néerlandais NXP (ex-Philips) a annoncé, début septembre, vouloir faire passer de 20 % à 40 % la production qu'il sous-traite.

STM se défend de vouloir aller vers un nombre réduit d'usines. "Nous ne sommes pas encore dans un modèle d'"actifs légers"", déclare M. Dutheil, faisant remarquer que, "parmi les dix premiers mondiaux, aucun n'est sans usine, tous maîtrisent une part importante de leur production". "Une partie de nos grands clients ne le serait pas si nous ne maîtrisions pas notre production", assure-t-il.

Le "moindre besoin d'investir" est par ailleurs justifié, chez STM, par la création, "dans quelques mois", d'une société commune avec un partenaire dans les mémoires. "Nous en aurons moins de 50 %", explique M. Dutheil, qui refuse de citer le nom de ce partenaire. "Nous en avons plusieurs potentiels", précise-t-il.

Depuis près d'un an, STM cherche à marier cette activité qui englobe les mémoires dites Flash NOR et NAND, utilisées dans les téléphones portables ou les lecteurs MP3. Pesant 21 % des ventes, elle a longtemps été déficitaire, avant de revenir à l'équilibre depuis fin 2005.

Journal Le Monde


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Publié dans Articles de presse

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