Chez Siemens, près de 100 millions d'euros auraient été détournés

Publié le par CFTC

Moins de deux mois après l'affaire BenQ Mobile (Le Monde du 4 octobre), Klaus Kleinfeld, le patron de Siemens, est une nouvelle fois rattrapé par le scandale. L'enquête ouverte par le parquet de Munich sur des détournements de fonds chez Siemens vise le président du groupe allemand en tant que témoin. Lundi 20 novembre, le parquet a confirmé que la perquisition menée la semaine dernière dans les bureaux de Siemens a aussi concerné les bureaux du directoire, dont celui de M. Kleinfeld.

Pendant neuf mois en 2004 au sein du directoire de Siemens, ce dernier était responsable de la division Com, qui est justement au coeur de l'enquête de la justice.

Celle-ci soupçonne une dizaine d'anciens et actuels salariés de cette division, pour l'essentiel, d'avoir détourné des fonds via des comptes situés à l'étranger, notamment en Suisse, pour obtenir l'attribution d'importants contrats. Des transactions effectuées via l'Autriche sont également en cours d'examen, a rapporté, lundi, la Süddeutsche Zeitung.

Pour l'instant, cinq personnes ont été arrêtées, dont l'une a été relâchée. Près de 100 millions d'euros auraient été versés, selon la presse allemande, dans des caisses noires depuis les années 1990. Une somme que le parquet n'a pas confirmée. La justice allemande avait cité la semaine dernière le chiffre de 20 millions d'euros.

L'entreprise a reconnu qu'elle était au courant des faits depuis 2005 et qu'elle avait lancé une enquête interne il y a quelques mois. Elle a décidé de ne pas informer la justice allemande, une enquête ayant déjà été ouverte en Suisse. Une plainte anonyme a alerté le parquet de Munich.

CASCADE D'AFFAIRES

Selon la presse allemande, plusieurs salariés de la division Power Generation, suspectés d'avoir versé des pots-de-vin pour obtenir des contrats pour des centrales en Europe de l'Est, seraient également visés par une enquête du parquet de Wuppertal.

L'entreprise a décidé de réagir en examinant ses procédures de contrôle interne et en nommant un médiateur chargé de recueillir de manière anonyme des informations sur des pratiques illégales, à l'image de ce qui se pratique chez Deutsche Bahn et Volkswagen.

Ce scandale n'est en tout cas pas une première pour Siemens. Quatre anciens salariés du groupe sont accusés d'avoir corrompu le groupe énergétique italien Enel entre 1999 et 2002.

Cette nouvelle affaire vient s'ajouter à la longue liste des scandales en Allemagne ces derniers mois. A l'été 2005, on apprenait que le directeur du personnel de l'époque de Volkswagen, Peter Hartz, attribuait de généreuses notes de frais au comité d'entreprise.

L'été 2006 a ensuite révélé un vaste système de corruption dans l'industrie automobile allemande. Les parquets de Francfort et Munich enquêtent sur les agissements de 11 équipementiers automobiles, dont le français Faurecia. Plus récemment, on a appris que DaimlerChrysler avait suspendu des cadres dirigeants qui se seraient rendus responsables de pratiques illégales lors de la signature de contrats.

Outre-Rhin, le nombre de procédures judiciaires dans des affaires de corruption a plus que quadruplé depuis dix ans, en partie parce que la justice combat plus systématiquement ces délits.

Journal Le Monde
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